L’IRMC, un Institut Français de Recherche à l’Etranger
L’IRMC est l’un des 27 INSTITUTS FRANÇAIS DE RECHERCHE A L’ETRANGER (IFRE).
Créé à Tunis en 1992, l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) est l’un des 27 Instituts Français de Recherche à l’Etranger (IFRE) de la Sous-Direction de l’archéologie et des sciences sociales relevant de la Direction Générale pour la Coopération Internationale et le Développement (DGCID) du Ministère [français] des affaires étrangères.
La réforme des IFRE intervenue en 2000 a associé à la tutelle de ces instituts le Ministère de l’éducation nationale, le Ministère de la recherche et le Centre national de la recherche scientifique.
L’IRMC est ainsi depuis 2000 une unité mixte du CNRS, l’USR 3077.
Les IFRE sont dotés d’un Conseil d’Orientation Stratégique (COS) commun à l’ensemble des centres et de Conseils scientifiques de pôles (CSP) qui regroupent régionalement plusieurs instituts.
Les CSP évaluent annuellement les activités scientifiques des instituts et selon les années examinent et classent les candidatures aux postes ouverts à contrat temporaire du MAEE : directeur, chercheurs, allocataires de recherche. Le Conseil d’orientation stratégique statue sur les évaluations des Conseils scientifiques, établit des choix définitifs parmi les classements effectués par les Conseils scientifiques et propose à nomination aux autorités de tutelle.
L’IRMC dispose aussi d’un Comité mixte franco-tunisien de suivi des activités de l’IRMC qui se réunit une fois par an.
L’IRMC est regroupé avec le Centre Jacques Berque de Rabat dans le Pôle Maghreb.
Son CSP est (2007) composé des personnalités suivantes :
Jean Philippe Bras (Université de Rouen et IISMM, Paris), Federico Cresti (Université de Catane, Italie), Jocelyne Dakhlia (EHESS, Paris. Présidente), Jean-Pierre Frey (Université de Paris XII), Eric Gobe (CNRS, IREMAM, Aix-en-Provence), Bernard Heyberger (Université de Tours/EPHE/Institut universitaire de France), Danielle Jacquart (EPHE, Paris), Bernabé Lopez-Garcia (Université autonome de Madrid), Anne-Marie Moulin (CNRS, CEDEJ, Le Caire), Henri Regnault (Université de Pau), Pierre Signoles (Université de Tours).
Fonctions de l’IRMC
L’IRMC est une institution de recherche complexe à l’articulation de la recherche française et européenne d’un côté et de la recherche maghrébine de l’autre.
L’Institut comme structure contribuant au renouvellement et au développement de la recherche en sciences humaines et sociales sur le Maghreb.
La recherche universitaire française sur le Maghreb, toutes sciences sociales confondues, a donné naissance dans le passé à la formation d’un patrimoine cognitif de très haut niveau. Nombreux sont les grands maîtres de la recherche scientifique dont le nom est attaché à cette région. Si cette recherche avait ainsi ses forces, elle avait aussi ses biais, qui ont jeté un doute général sur l’orientalisme. La recherche maghrébine sur le Maghreb s’est en quelques décennies pleinement affirmée et les chercheurs maghrébins constituent les partenaires incontournables de toute recherche. S’agissant de la France, un centre comme l’IRMC est destiné à favoriser par un séjour prolongé au Maghreb un renouvellement de la recherche et à préparer la relève d’une nouvelle génération de chercheurs dans les centres de recherches et les universités de France. La familiarisation sur place de chercheurs et de jeunes chercheurs avec le Maghreb et les chercheurs maghrébins est la première des fonctions de l’institut.
L’Institut comme lieu d’acquisition et d’exercice du métier de chercheur.
L’Institut contribue à cet objectif en fonctionnant comme un lieu d’acquisition et d’exercice d’un métier au sens de Pierre Bourdieu : celui de chercheur en sciences humaines et sociales. Le métier est acquis et exercé à travers la conduite de programmes de recherche et de thèses (voir les Programmes de recherche). Cette fonction est d’autant plus importante que, en dehors des chercheurs CNRS, l’institut constitue la première expérience concrète de conduite d’une recherche collective pour les chercheurs post-doctorants et la première immersion durable dans une unité de recherche pour les boursiers doctorants.
L’Institut comme lieu d’échanges et de coopération avec les universités et centres de recherche en sciences humaines et sociales du Maghreb, de France et d’Europe.
Sur la base de ses ressources humaines et de ses programmes, l’Institut est indissociablement avec sa fonction d’apprentissage et d’exercice du métier de chercheur un lieu d’échanges et de coopération avec les universités et centres de recherche en sciences humaines et sociales du Maghreb, de France et aussi d’Europe.
Sur le plan théorique, les recherches de l’IRMC ont vocation à prendre en considération l’ensemble des pays du Maghreb. Sur le plan de la coopération institutionnelle, l’Institut a en charge plus particulièrement les relations avec l’Algérie, la Libye et la Tunisie.
La coopération se fait à différents niveaux, soit directement sur la base de mobilisations de compétences individuelles soit, dans le cas de relations plus institutionnelles, en fonction des ressources humaines thématiquement qualifiées et effectivement disponibles dans les institutions partenaires.
L’Institut accueille sur sa dotation propre pour un contrat de programme de trois ans un chercheur tunisien : six universitaires ont ainsi successivement bénéficié de ce contrat depuis la création de l’Institut.
Les programmes de recherche de l’institut ont vocation collective. Les chercheurs sous contrat à l’Institut (MAEE ou CNRS) sont recrutés sur la base d’une compétence disciplinaire et thématique et d’un programme à mener impérativement de façon comparative à l’échelle du Maghreb et collectivement avec la participation de chercheurs issus des universités et centres de recherche maghrébins.
Des tables rondes ou sessions doctorales ont été ainsi organisées jusqu’à aujourd’hui avec différentes institutions maghrébines. Des institutions tunisiennes : universités de Tunis, de La Manouba, d’El Manar, du 7 novembre à Carthage, de la Zitouna, de Sousse, de Sfax ; Ecole supérieure des Télécommunications (Sup’Com) ; Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme (ENAU) de Tunis-Carthage ; Centre d’études et de recherches économiques et sociales de Tunis ; Beït el Hikma à Carthage, … Des institutions algériennes : universités d’Alger Bouzaréah, d’Oran ; Centre de recherches en économie appliquée au développement (CREAD) d’Alger ; l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger (EPAU), … Une institution libyenne : le Merkaz El Jihad de Tripoli.
La coopération institutionnelle est très développée avec des institutions françaises, plus particulièrement avec l’EHESS, les universités d’Aix-Marseille et leurs centres de recherche (MMSH, IREMAM, CERIC, LAMES, …), les universités de Lyon et leurs centres de recherche (Maison de l’Orient méditerranéen, GREMMO, …), l’université de Tours et tout particulièrement avec l’UMR fédérative CITERES-EMAM (ex-URBAMA), … La coopération avec la recherche française dépasse largement le cadre institutionnel, elle se fait aussi très souvent à partir de relations individuelles nouées à l’occasion du montage des programmes et des rencontres scientifiques qui s’ensuivent et que rend parfois plus durables l’établissement de rapports institutionnels.
L’Institut comme réseau.
Les programmes de recherche de l’IRMC donnent lieu systématiquement à un montage en réseau. Cette réticulation de ses activités est une contrainte pour l’IRMC, compte tenu de sa disposition de ressources humaines propres très limitées en nombre. Mais c’est aussi de plus en plus un moyen de conquérir une qualification extérieure de ses recherches par le biais de la participation à des appels d’offre publics de recherche et la mobilisation de ressources financières pour donner à ces réseaux les moyens de travaux de terrain (archives, enquêtes,…). Ce mode de fonctionnement contribue fortement à l’apprentissage du métier de chercheur et au développement de l’esprit d’équipe, de l’esprit de laboratoire.
Les moyens de l’IRMC
Pour remplir ces fonctions, l’Institut dispose de moyens humains et matériels (voir l’organigramme) :
• Une structure administrative et technique.
• Une équipe de chercheurs et de jeunes chercheurs.
• Un secteur d’accompagnement de la recherche : bibliothèque et publications.
Une structure administrative et technique.
Cette structure est une structure permanente. Elle est composée de personnels de statut variable. Des personnels sous contrat d’établissement, généralement en CDI. Et des personnels sous contrat du MAEE à durée déterminée ; ces personnels-ci sont soit des personnels titulaires du CNRS ou de l’université française détachés temporairement (trois ans), soit des Volontaires Internationaux en CDD (un à deux ans).
Une équipe de chercheurs et jeunes chercheurs.
La recherche est conduite à l’IRMC par une équipe de chercheurs et jeunes chercheurs (voir l’ Organigramme et Programmes de recherche ), affectés à l’Institut tous pour une période de trois ans. Ces chercheurs sont issus de deux filières : les chercheurs du CNRS et les chercheurs sous contrat du MAE. L’affectation de chercheurs du CNRS se fait en fonction des axes de recherches propres à l’IRMC et sur la base d’un programme collectif qui constitue le cahier des charges réciproques entre le chercheur affecté et l’Institut. Le recrutement de chercheurs post-doctorants se fait par concours, en réponse aux appels d’offre ouverts par le MAEE sur la base de la présentation d’un programme collectif répondant à l’une des orientations de recherche de l’Institut. La sélection des candidatures est faite par le Conseil scientifique du Pôle.
L’Institut accueille en outre des allocataires de la recherche pour une durée de deux ans, renouvelable une fois. Ces étudiants sont inscrits en thèse dans une université française sur un sujet de sciences humaines ou sociales. Ils possèdent la nationalité française ou une nationalité de l’Union européenne. Ils sont recrutés sur appel d’offre de bourses du MAEE et sélection par le Conseil scientifique du Pôle.
Une bibliothèque de recherche en sciences humaines et sociales, un service de publications.
Pour la conduite de ses programmes, l’Institut dispose d’une bibliothèque importante. Cette bibliothèque est ouverte aux universitaires et aux doctorants. Elle comporte deux fonds. Un fond ancien, hérité à sa création des ressources du Centre de Documentation Tunisie-Maghreb dépositaire des fonds imprimés de la bibliothèque privée de la Résidence générale de France à Tunis. Un fond nouveau, composé de deux catégories d’ouvrages ou revues : d’une part un fond spécialisé sur le Monde arabe et musulman et prioritairement le Maghreb, d’autre part des ouvrages généraux de sciences humaines et sociales en rapport avec les programmes de recherche de l’Institut. Ces fonds réunis forment actuellement (septembre 2007) un ensemble d’environ 22 000 ouvrages et de 95 revues vivantes. La base de données documentaires de l’IRMC comprend près de 43 470 notices, accessible en ligne à partir du présent site de l’Institut.
Depuis sa création l’Institut a défini une politique de valorisation de ses programmes de recherche. Vingt-cinq ouvrages (collectifs ou d’auteurs) ont été publiés chez divers éditeurs (Maisonneuve & Larose, CNRS Editions, Karthala, Editions Recherche sur les Civilisations, Bouchène, L’Harmattan, …). Cinq ouvrages ont été publiés dans une collection interne « Etudes et Travaux ». Une nouvelle publication, dotée d’un Comité scientifique, à périodicité annuelle et thématisée a été créée en 2004 : Alfa. Maghreb et sciences sociales (Servedit/Maisonneuve & Larose).








