Responsable : Myriam Bacha
Au Maghreb, depuis le XIXe siècle, s’est développée chez les maîtres d’œuvre une pratique qui consiste à s’appuyer sur le patrimoine existant et à le réinterpréter pour créer une architecture nouvelle. Le présent programme questionnera le sens de cette pratique dont sont issues des solutions architecturales diverses et novatrices, aux XIXe et XXe siècles au Maghreb.
Pendant longtemps, la recherche s’est essentiellement concentrée soit sur l’histoire de l’architecture et de ses formes, soit sur la façon dont l’architecture a été érigée en objet patrimonial. Le présent programme se propose de tenir ensemble ces approches jusqu’à récemment indépendantes. Et ceci en écho d’une part aux travaux récents de chercheurs qui ont montré l’influence de l’émergence d’une notion patrimoniale et de la constitution d’un savoir patrimonial sur l’architecture, sur les formes du bâti et d’autre part aux conceptions développées par les responsables de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine récemment inaugurée au palais de Chaillot à Paris, qui visent à expliciter de façon pédagogique la création architecturale contemporaine en s’appuyant sur l’observation du patrimoine monumental et notamment sur les moulages du musée des Monuments français.
L’histoire de la production architecturale et l’histoire du patrimoine étant le fait, d’une part, des dispositifs officiels mis en place par les instances au pouvoir (création d’institutions chargées de la construction et de la sauvegarde, promulgation de législations spécifiques, organisation et prise en charge du savoir savant) et, d’autre part, des professionnels indépendants (architectes, entrepreneurs, artisans) et de la société (sociétés savantes, associations, groupements de citoyens), le programme s’organisera autour des deux axes de recherche suivants :
les dispositifs officiels de production architecturale et de patrimonialisation ;
les dispositifs de production architecturale et de patrimonialisation mis en place par les professionnels de la construction et par la société civile.
Soucieux d’éviter les biais orientalistes, en adoptant une approche micro-historique ou micro-sociale des pratiques de la production architecturale et des phénomènes de patrimonialisation, le programme vise à promouvoir une histoire tenant compte d’une part de la multiplicité des voix, notamment la voix du local, et de la multiplicité des objets, de l’architecture monumentale à l’architecture ordinaire.
En l’état actuel de son avancement, le programme réunit une quinzaine de chercheurs issus de laboratoires du Maghreb, de France et d’Italie. Une première rencontre s’est tenue à Tunis les 16 et 17 mars 2007.








