François POUILLON, Noureddine AMARA, Charlotte JELIDI, Vittoria CAPRESI (dir.), 2013, Maghreb et sciences sociales 2012. De la colonie à l'Etat-nation : constructions identitaires au Maghreb, Thèmes, Études, Chroniques et opinions, Paris, IRMC-L’Harmattan, 331 p., ISBN : 978-2-336-00895-0.


HISTOIRE/HISTORIOGRAPHIE/PATRIMOINE

PRIX : 23 € / 15 Dt


La présente livraison propose trois dossiers thématiques. Le dossier Après l'orientalisme ? (François POUILLON, dir.) nous convie à un "retournement" de l'approche orientaliste, réappropriée notamment par les intellectuels du Sud pour reconstruire un patrimoine, dans des processus d'échanges et de transmissions entre Orient et Occident. Il y est question de la réécriture de la tradition, une manière de revisiter les différentes histoires et de re "fabriquer" leurs identités juridiques et patrimoniales, entre la transmission de savoirs autochtones et la vision post coloniale. Le dossier sous l'empire de la nationalité (1830-1960) (Noureddine AMARA, dir.) traite des nationalités d'empires au travers des catégories de nationaux et d'étrangers, de l'assimilation d'une identité indigène à une nationalité française, de la naturalisation comme réduction identitaires juridique. On peut appréhender en ce sens l'histoire de la période ottomane comme celle de la rencontre des identités au travers de la nationalité tunisienne. On est là dans des formes de "fluidité" et de porosité des identités recomposées et superposées, où les normes de la nationalité apparaîtraient toutefois comme une limite juridique, outil d'inclusion ou d'exclusion, possiblement assignée à la construction orientaliste. Le dossier consacré aux Formes territoriales, urbaines et architecturales au Maghreb au XIXe-XXIe siècles : permanences ou ruptures ? (Vittoria CAPRESI, Charlotte JELIDI, dir.), revient sur les continuités et discontinuités identitaires. Des permanences de la tradition aux ruptures de la modernité dans la "ville neuve" de Tunis, jusqu'aux reprises du passé dans la planification d'Alger et aux interactions urbaines de Tripoli entre interventions italiennes et patrimoine local, se profilent des formes de continuité entre les politiques urbaines de l'indépendance et la période coloniale. Une médiation identitaire s'opère ainsi autour des notions de tradition et de modernité et de la réhabilitation des acteurs locaux, dans un contexte d'adaptation locale et dans des processus de légitimation politique. Du "moment colonial à aujourd'hui", les empreintes et les marquages s'informent mutuellement dans des identités mêlées.


 SOMMAIRE
 
 
Pierre-Noël DENIEUIL, Avant propos. Médiations identitaires.
 
I. Après l'orientalisme ? Médiations, appropriations, contestations.

François POUILLON, Après l’orientalisme ? Médiations, appropriations, contestations. Introduction.
Jean-Claude VATIN, L’orientalisme retourné ?
François POUILLON, L’orientalisme, mort ou vif ? Une histoire française.
M’hamed OUALDI, Mamelouks « orientaux » contre Arabes dans la Tunisie du XIXe : conception et dépassement d’un mythe historiographique.
Mimoun AZIZA, Un orientalisme « périphérique » : L’orientalisme espagnol face au passé arabo-musulman de l’Espagne.
Baudouin DUPRET et Léon BUSKENS, Qui a inventé le droit musulman ? Une histoire des études occidentales de la normativité islamique et leur diffusion en Orient.
Michèle SELLÈS LEFRANC, Transmission de savoirs autochtones en Algérie et littérature à l’épreuve du regard post-colonial.
Claire B. NICHOLAS, Sur les traces des objets anthropologiques : le façonnement du patrimoine vestimentaire marocain.
 

II. Sous l’empire de la nationalité (1830-1960)
 
Noureddine AMARA, Sous l’empire de la nationalité. Introduction.
Yerri URBAN, La nationalité dans le second Empire colonial français.
Noureddine AMARA, La nationalité des Touatis, un évènement à la mesure d’empire (1901-1830).
Fatma BEN SLIMANE, Entre deux empires : l’élaboration de la nationalité tunisienne.
Gregory MANN, Citizenship after Empire : Recognizing “French” West Africans in Sudan.
Frederick COOPER, “Une nationalité superposée” : Being French and African in 1959.
 
III. Formes territoriales, urbaines et architecturales au Maghreb aux XIXe-XXIe siècles : permanences ou ruptures?

Vittoria CAPRESI et Charlotte JELIDI, Les formes territoriales, urbaines et architecturales au Maghreb aux XIXe-XXIe siècles : permanences ou ruptures ? Introduction.
Leïla AMMAR, Modernité et transformations urbaines à Tunis dans la seconde moitié du XIXe siècle. L’exemple du quartier al-Jazira-al-Sadiqiyya, 1875-1900.
Charlotte JELIDI, Des Protectorats aux états nations : « Tradition » et « Modernité » architecturales et urbaines en Tunisie et au Maroc, ou la systématisation d’un vocabulaire à des fins politiques.
Zohra HAKIMI, Planification gestion urbaine de la ville d’Alger (1930-1984) : reprise et continuité des études ?
François DUMASY, Acteurs et économie du développement urbain à Tripoli de la fin de la période ottomane à la fin de la colonisation italienne.
Stefano ZAGNONI, Insediamenti urbani e rurali in nord-cirenaica, 1911-1942.
Vittoria CAPRESI, Eredità e permanenze del colonialismo italiano in Libia. Continuità negli interventi urbani / architettura / simbolo.
 
IV. Études

Ahmed Salem OULD AL ARBI, Urbanisation planifiée et urbanisation spontanée : l’exemple de Nouadhibou – Mauritanie.
Besma LOUKIL, La « spirale du déclin », dynamique des comportements incivils dans l’espace public : le cas des parcs et jardins dans la région de Tunis.
Jean-Pierre CASSARINO, Hiérarchie de priorités et système de réadmission dans les relations bilatérales de la Tunisie avec les États membres de l’Union européenne.
Isabel SCHÄFER, Mobilité, identité et transition : le potentiel de réforme des migrants voyageant entre l’Europe et l’Afrique du Nord.
Myriam ERRAIS BORGES, La céramique de Qallaline, trésor du patrimoine culturel tunisien.

V. Chroniques et opinions

Pierre BLAVIER, Révolte du bassin minier de Gafsa en 2008 et révolution tunisienne de 2010, un même mouvement révolutionnaire ?
François POUILLON, Marx, analyste des révolutions arabes ?