Sihem NAJAR (dir.), 2013, Les réseaux sociaux sur Internet à l’heure des transitions démocratiques, Paris, IRMC-Karthala, coll. Hommes et sociétés, 489 p., ISBN : 978-2-8111-0976-9.


MEDIAS/COMMUNICATION

PRIX : 30 € / 20 Dt

 


Les mouvements sociaux sur Internet ont émergé comme un acteur incontournable des grands bouleversements traversés par les pays en quête de démocratie. Les contours de ces mouvements, les lieux où ils évoluent et les volontés qui s’y expriment, constituent un terrain d’investigation fondamental tant les enjeux qui leur sont associés pèsent sur le quotidien de sociétés en pleine mutation. Issus d’expériences sociales, culturelles et académiques différentes, les contributions de cet ouvrage font ressortir les incertitudes, les impasses et les espoirs qui accompagnent les « processus de transition démocratique » traversés par ces sociétés, du Moyen-Orient à l’Europe de l’Est, du Maghreb à l’Amérique latine, au prisme de ces nouveaux acteurs du net.
S’imposant à tout le champ des sciences sociales, l’étude des mouvements sociaux en ligne a le mérite d’agiter des questions plus ou moins classiques (la démocratie, la perception de l’événement historique, les frontières des territoires individuel et collectif, le temps social et la biographie de l’acteur, les institutions politiques traditionnelles et la métamorphose de l’opinion publique, la citoyenneté...), mais en les revisitant à partir d’une nouvelle donne, d’une « historicité » dont les attributs appellent à bousculer de nombreux paradigmes.
Les réseaux sociaux en ligne sont-ils des expérimentations de la démocratie ? Le cyberespace confère-t-il à la prise de parole et à la circulation des discours en société de nouvelles règles susceptibles de redistribuer les rôles et les pouvoirs entre les acteurs ? La voix féminine y aura-t-elle un nouveau statut ? Assistons-nous à la naissance « d’une nouvelle citoyenneté » condamnée à s’épanouir, à se forger et à bricoler sa matière dans les interstices des territoires « matériel » et virtuel ? Quelles en seraient les formes de légitimité ?
Après, Les nouvelles sociabilités du Net en Méditerranée et Le cyberactivisme au Maghreb et dans le monde arabe, publiés respectivement en septembre 2012 et en janvier 2013 aux éditions Karthala, ce troisième ouvrage de Sihem Najar vient clore une réflexion sur les différentes facettes des transformations induites par la galaxie Internet dans les régions méditerranéennes et dans le monde arabe en période d’importants bouleversements politiques.


 SOMMAIRE
 
 
Francis JAUREGUIBERRY, Préface.
Sihem NAJAR, Introduction.
 
I. Routinisation des usages sociaux des TIC et socialisation politique et démocratique

Dominique BOULLIER, Plates-formes de réseaux sociaux et répertoires d’action collective.
Romain LECOMTE, De l’expression de soi à l’engagement citoyen : une analyse de la politisation de la prise de parole d’internautes tunisiens.
May ABDALLAH, Le rôle de la « nouvelle communication » dans les changements sociaux au Liban.
Michel DURAMPART, Le rôle des TIC en tension ou en conciliation dans un espace démocratique et social.
Belgin BILGE, L’impact des mutations médiatiques sur la structure sociopolitique turque d’aujourd’hui.
Julien DENIEUIL, L’essor de la presse numérique en Tunisie : d’une soif d’expression démocratique à un modèle économique.
Serge PROULX, Agir dans un monde fortement connecté : l’émergence de nouvelles cultures militantes dans la société de contrôle.
 
II. Mouvements sociaux en ligne, nouveaux acteurs politiques et légitimités antagoniques

Nashwan M. ALSUMAIRI, Les mouvements sociopolitiques sur Internet au Yémen : entre limite de ressources et influence.
Marta SEVERO, #right2vote : organisation d’un mouvement social en ligne.
Fadi AHMAR, Diffusion télématique et réseaux sociaux dans la révolte syrienne : cyberactivistes connectés au monde dans un pays fermé.
Sihem NAJAR, Le cyberespace et la lutte pour la liberté citoyenne en Libye.
Maryam BEN SALEM, Processus de (dé)légitimation du cyberactivisme féminin en Tunisie : vers un amenuisement des discriminations fondées sur le genre ?
Caroline ANGE, Les « intercesseuses » de la démocratie méditerranéenne : paroles de femmes sur les blogs entre expression de soi et universalité de la cause.
Bertrand CABEDOCHE, Des sciences de l’information et de la communication à équidistance de tout déterminisme. Un état de la recherche en France relative à la couverture médiatique des « révolutions arabes ».
 
III. Espace public « virtuel », exercice de la citoyenneté et enjeux éthiques dans un contexte de transition démocratique

Chirine BEN ABDALLAH, Pluralisme en Tunisie au lendemain des élections de l’Assemblée constituante. Quel rôle des mouvements sociaux en ligne dans la consolidation des partis de l’opposition?
Racha MEZRIOUI, L’insulte dans les discours post révolution des « cyberactivistes » : cas type de Jalel Brick, Ben Arfa et Takriz.
Moez TRIKI, Réseaux sociaux et enjeux sociopolitiques. Étude des pratiques et usages politiques sur Facebook après la révolution du 14 janvier.
Catherine GHOSN et Mohamed Anouar LAHOUIJ, Mouvements sociaux en Tunisie : les risques de subjectivité et de manipulation.
Annabelle KLEIN, Réseaux socio-numériques et situations de crise. Analyse psychologique et communicationnelle de « la tuerie de Liège du 12 décembre 2011 ».
Saâdeddine IGAMANE, L’identité numérique du « Mouvement 20 février au Maroc » : entre naissance et suicide numérique, Facebook comme espace d’adoptio.
Ángela SUAREZ COLLADO, À la recherche d’une place dans le « Printemps arabe » : les TIC et la contestation amazighe pendant les émeutes en Afrique du Nord.
 
IV.Expériences démocratiques et rôle des TIC (Amérique latine et Europe de l’Est)
 
Massimo DI FELICE, « Net-activisme » et action sociale à l’époque des réseaux.
Javier SAJURIA, Internet et conception de la démocratie aujourd’hui.
Valentina MARINESCU, Entre réel et virtuel : la communication politique en Roumanie (2004 - 2008/2009).
Christiana (Chryssoula) CONSTANTOPOULOU, Agoras Virtuelles : la « démocratie » contemporaine.
 

Florencio CEBALLOS, Postface. Échapper aux clichés : pour une compréhension éclairée des médias sociaux en politique depuis le monde arabe en transition.