Nouvelle parution IRMC :

Charlotte JELIDI (dir.), Villes maghrébines en situations coloniales, Paris, IRMC-Karthala, coll. Hommes et sociétés, ISBN : 978-2-8111-1291-2.

Issu d’un programme de recherche collectif, mené au sein de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, de 2009 à 2013, cet ouvrage s’est fixé deux objectifs : d’une part, participer à la connaissance et la compréhension des divers processus de transformation des villes maghrébines en situations coloniales et, d’autre part, identifier, exploiter et valoriser au maximum les fonds d’archives, souvent inédits, qui se rapportent directement ou indirectement à ces entreprises de transformation urbaine, et dont le potentiel nous semblait trop sous-estimé.
Les travaux rassemblés ici présentent une grande diversité : diversité des échelles, diversité des approches et des matrices d’analyse, mais aussi diversité des corpus documentaires exploités. S’inscrivant dans la lignée de nombreux travaux publiés ces dernières années, ils montrent qu’il n’existe pas « une » ville coloniale, qui serait une sorte d’entité abstraite aux caractéristiques bien déterminées, mais qu’il y a des villes dans des situations coloniales contrastées et que, tout au long de la période où elles furent dans des territoires politiquement dominés, leurs transformations ne furent ni similaires, ni linéaires, ni lisses. Les transformations urbaines résultèrent de processus complexes, produits par des acteurs nombreux (services centraux, municipalités, acteurs ordinaires européens ou indigènes, communautés religieuses, etc.) dont les logiques s’entremêlaient, pouvaient être parfois concurrentes, mais s’imbriquaient toujours les unes dans les autres en fonction de rapports de forces, certes inégaux, mais ô combien fluctuants. Ces processus procèdent également de facteurs multiples, dont la nature est extrêmement diverse – politiques bien sûr, mais aussi économiques et sociaux –, et d’influences dont les sources sont également nombreuses.
Cet ouvrage rappelle enfin que les transformations des villes maghrébines en situations coloniales sont le résultat d’une succession de projets, aboutis ou avortés, de contre-projets et de réalisations procédant, souvent, de hasards et, presque toujours, de bricolages incessants, ce qui donne à voir une réalité bien éloignée de l’image de la ville conquérante que se plaisait à véhiculer la propagande coloniale.

Charlotte Jelidi est historienne de l’architecture contemporaine, chargée de recherche au sein du laboratoire CITERES-EMAM de l’Université de Tours, après avoir passé quatre ans à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, en tant que chercheure post-doctorante. Ses travaux portent principalement sur l’histoire des villes maghrébines aux XIXe et XXe siècles, s’intéressant tout particulièrement aux transformations architecturales, urbaines et à la patrimonialisation des villes marocaines et tunisiennes.

Ont contribué à cet ouvrage :
Boussad AÏCHE, Clara Ilham ÁLVAREZ DOPICO, Leïla AMMAR, Myriam BACHA, Esmahen BEN MOUSSA, Hounaïda DHOUIB MORABITO, François DUMASY, Christophe GIUDICE, Lucy HOFBAUER, Charlotte JELIDI, Habib KAZDAGHLI, Assïa MALKI ALLOUANI, Bernard PAGAND, Colette ZYTNICKI.