Les profondes mutations dans les conditions d’accès aux ressources agricoles qui ont accompagné les processus de libéralisation et de désengagement de l’état tunisien ont favorisé la montée des tensions sociales et des revendications dans les régions rurales. La révolution tunisienne a pris corps dans les territoires ruraux délaissés de l’intérieur et du Sud tunisien et les demandes populaires pour plus d'équités sociale et régionale ont fortement remis en cause les modèles de développement territoriaux promus par les politiques publiques. Les fortes inégalités foncières, la priorité donnée au développement des services et à l’ancrage de l’économie nationale dans la mondialisation ont entrainé une forte régression de la contribution de l'activité agricole dans l'emploi et les revenus des ménages ruraux(Gana, 2013).

Les économies oasiennes du sud tunisien n’échappent pas à ces évolutions. En lien notamment avec la mise en œuvre de politiques de modernisation axées sur la promotion de la monoculture du palmier dattier (Tozeur), ou sur le développement d’activités industrielles (Gabès), cette agriculture a subi de profondes transformations qui ont bouleversé les équilibres du milieu et du système économique et social sur lesquels elle était historiquement fondée.

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