Charlotte JELIDI (dir.), 2014, Villes maghrébines en situations coloniales, coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 298 p., ISBN : 978-2-8111-1291-2.


ETUDES URBAINES - HISTOIRE/HISTORIOGRAPHIE-PATRIMOINE

PRIX : 25 € / 20 Dt


Issu d’un programme de recherche collectif, mené au sein de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, de 2009 à 2013, cet ouvrage s’est fixé deux objectifs : d’une part, participer à la connaissance et à la compréhension des divers processus de transformation des villes maghrébines en situations coloniales et, d’autre part, identifier, exploiter et valoriser au maximum les fonds d’archives, souvent inédits, qui se rapportent directement ou indirectement à ces entreprises de transformation urbaine, et dont le potentiel nous semblait trop sous-estimé.

Dans la lignée de nombreux travaux publiés ces dernières années, il est montré qu’il n’existe pas « une » ville coloniale, entité abstraite aux caractéristiques bien déterminées, mais il y a des villes dans des situations coloniales contrastées, dont leurs transformations ne furent ni similaires, ni linéaires, ni lisses. Les transformations urbaines ont résulté de processus complexes, produits par des acteurs nombreux (services centraux, municipalités, acteurs ordinaires européens ou indigènes, communautés religieuses, etc.) dont les logiques s’entremêlaient, parfois même concurrentes, et s’imbriquaient toujours les unes dans les autres en fonction de rapports de forces, certes inégaux, mais ô combien fluctuants.

Cet ouvrage rappelle enfin que les transformations des villes maghrébines en situations coloniales sont le résultat d’une succession de projets, aboutis ou avortés, de contre-projets et de réalisations procédant, souvent, de hasards et, presque toujours, de bricolages incessants, ce qui donne à voir une réalité bien éloignée de l’image de la ville conquérante que se plaisait à véhiculer la propagande coloniale.


 SOMMAIRE
 
 
Charlotte JELIDI, Les villes, les acteurs de leur production et leurs archives (XIXe-XXe siècles), introduction.
 
I. Planification des villes : doctrines et application

François DUMASY, La grande spoliation d'Alger, 1830-1834 : codifications et énonciations d'un bouleversement urbain.
Bernard PAGAND, Assïa MALKI ALLOUANI, Un quartier colonial à Constantine (Algérie) : le Coudiat Aty.
Hounaïda DHOUIB MORABITO, La reconstruction de Sfax (1943-1948). Le dessein d'une ville entre planification d'une ville et compromis.
Boussad AÏCHE, Des cités indigènes aux cités de recasement en Algérie (1930-1950).
Myriam BACHA, La proctection de la Medina de Sfax pendant le Protectorat. Le rôle determinant de l'élite musulmane locale dans la politique patrimoniale coloniale.
 
II. Situations de tensions : révélateurs de mécanismes de production de la ville "ordinaire"

Colette ZYTNICKI, De la place-forte à la capitale des hiverneurs. L'invention de Biskra en ville touristique (1844-1939).
Leïla AMMAR, Sousse et le tracé de l'avenue de la Quarantaine. Genèse de la ville neuve.
Esmahen BEN MOUSSA, Le règlement de la voirie de Tunis (1889). Genèse et application.
 Habib KAZDAGHLI, Cimetières et extension urbaine. Le cas de l'ancien cimetière juif de Tunis.
Christophe GIUDICE, Pour une histoire ordinaire des villes maghrébines.
 
III. Initiatives privées et le champ institutionnel : apports et limites des archives privées dans le renouveau de l'historiographie

Clara Ilham ALVAREZ DOPICO, Tradition et rénovation dans la céramique tunisienne d'époque coloniale. Le cas d'Elie Blondel, le Bernard Palissy africain (1897-1910).
Lucy HOFBAUER, Le cas particulier des archives d'architectes. Histoires coloniales et histoires individuelles, l'architecture de Jean-François Zevaco dans le Maroc sous tutelle française.
Charlotte JELIDI, Le transfert intra-maghrébin d'une politique patrimoniale en contexte colonial. Le baron d'Erlanger, Sidi Bou Saïd et la préservation de l'architecture dite "arabe" en Tunisie (1910-1932).