Une attention particulière sera portée aux dynamiques sociales, culturelles et identitaires qui traversent la société tunisienne. Les changements politiques de la Tunisie mais également ceux vécus par les pays voisins ont fait émerger une série de questions longtemps mises en sourdine sous les régimes autoritaires. Les questions liées à l’identité nationale, à la sexualité, aux cultures politiques, à l’usage des langues parlées…sont explorées à l’aune de revendications et des attentes de la société.

La révolution tunisienne et la période de transition qui a suivi a placé le droit au cœur des débats publics et des dispositifs de changement politique. Pouvoirs, rôles politiques, usages du droit, textes constitutionnels sont redéfinis et relus dans un processus de démocratisation qui bouscule tous les paradigmes d’approche épistémologique. Les questionnements focalisés sur le droit et les dispositifs législatifs impulsent des demandes de réparations et de sanctions et des poursuites judiciaires avec des impacts sur les réformes politiques et juridiques.

L’économie est considérée dans sa dimension globalisée et mondialisée mais également dans ses rapports au politique et au développement des territoires. Activités émergentes, culture d’entreprise, économies transnationales, inégalités socio-spatiales (accès aux ressources et aux cadres de vie, risque environnemental), développement durable, politiques d’aménagement du territoire. Il s’agit de laisser une large place à la réflexion conceptuelle et théorique articulée aux thèmes de l’équité territoriale et des articulations entre inégalités sociales, spatiales et écologiques autour des questions économiques.

Les thématiques traitées sont nombreuses et ont couvert principalement l’histoire urbaine du Maghreb et les questions de patrimonialisation et de muséographie. Elles s’ouvrent, aujourd’hui avec la jeune recherche (doctorants boursiers BAM/IRMC), sur des objets d’histoire sociale et d’histoire des relations internationales propres aux sociétés maghrébines. Elles interpellent également les questions de mémoire et de réécriture du passé à l’aune des transformations politiques dans le monde arabe.

Le Maghreb est un espace où les questions religieuses se posent avec acuité. Qu’elles soient de nature politique ou sociale, elles expriment avec pertinence les recompositions et les mutations que les sociétés vivent et impulsent. A l’intérieur de l’islam d’abord : islamisme politique, islamisme d’Etat religiosités conservatrices, mystiques ou pragmatiques, fondamentalismes salafiste et wahhabite, courants shiites, nouvelles lectures réformatrices de la Tradition …Par ailleurs, les conversions aux Eglises néo-évangéliques qui se sont implantées récemment au Maghreb bousculent les définitions nationales et religieuses de la citoyenneté et font émerger de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques qui transforment le rapport au religieux dans les sociétés concernées.

L’IRMC a vocation de couvrir la recherche sur la Libye et de coordonner les études pouvant y être réalisées. Avec la chute de Mouamar Kadhafi, la Libye traverse une crise d’une gravité extrême où les fondements même de son Etat sont remis en cause dans des pratiques de violence et de fragmentation de son espace politique. Les objectifs de l’observatoire sur la Libye sont les suivants : identifier les institutions et les personnes ressources ; renforcer la mise en lien de chercheurs libyens avec ceux des institutions de recherche tunisienne et française ; accompagner des chercheurs français et des pays tiers dans le cadre de leurs besoins de logistique ; orienter les sujets de recherche des jeunes mastérisants et doctorants vers la Libye ; aider à élaborer des réponses aux appels d’offre de recherche.

Cette orientation de recherche s’intéresse auxmutations de l’espace médiatique, aux nouveaux supports et pratiques de communication et aux nouvelles formes des liens sociaux et politiques qu’ils induisent notamment en contexte de changement de régime et de situation post-révolutionnaire.

Processusélectoraux, transition des médias, renouvellement et recomposition des élites politiques, tels sont les objets d’études en cours menés dans une configuration post-révolutionnaire. Les thématiques ont un ancrage local tunisien mais avec des perspectives de comparatisme maghrébin qui permettent une approche transversale des configurations politiques et des changements de régime.

Ce pôle de recherche axe ses travaux sur les phénomènes migratoires  au Maghreb et en Méditerranée: les circulations traditionnelles comme les nouvelles migrations internationales ont un impact sur les sociétés maghrébines. Les configurations migratoires se sont complexifiées tant à l’échelle régionale qu’à l’échelle continentale (migrations des pays du sahel et d’Afrique de l’Ouest et centrale) et ont déplacé les espaces frontières dans des logiques de mondialisation. Pays d’immigration devenu progressivement pays d’accueil et d’émigration (pour les populations subsahariennes et pour les Libyens), la Tunisie à l’instar des autres pays du Maghreb s’inscrit actuellement dans des dynamiques de mobilités qui reformulent à la fois les circulations mais également les productions de réseaux.

Sur le pourtour méditerranéen comme ailleurs, les villes ont, en quelques décennies, été profondément reconfigurées par l’urbanisme néolibéral. Caractérisé par l’urbanisme de projet, tout particulièrement les grands projets, et par les politiques de libéralisation qui affectent tout autant la gestion urbaine que la production foncière et immobilière, l’urbanisme néolibéral a manifestement accentué les inégalités socio-spatiales. Les travaux sur la question s’intéressent plus particulièrement au renforcement de la division sociale de l’espace et à la production de nouvelles inégalités avec des axes sur les processus de marginalisation liés à l’urbanisme de projet ; la production des inégalités socio-spatiales dans les périphéries urbaines ; les réponses institutionnelles aux développements récents de l’habitat précaire.