Responsable : Imed MELLITI

Chercheurs associés : Amin ALLAL, Nada BEN AMOR, Ridha BEN AMOR, Mohamed Ali BEN ZINA, Marc BREVIGLIERI, Houssine BOUJARRA, Arbi DRIDI, Alia GANA, Kaouther GRAIDIA, Eric GOBE, Caroline GUIBET LAFAYE, Mohand Akli HADIBI, Ratiba HADJ-MOUSSA, Jérôme HEURTAUX, Béatrice HIBOU, Ahmed KHOUAJA, Houda LARBI, Besma LOUKIL, Sylvie MAZZELLA, Hayet MOUSSA, Sihem NAJAR, Maxime PARODI, Abderrahmane RACHIK, Laurent THEVENOT, Dorra TOUNSI KASSAR.

Partenaires institutionnels : Observatoire national de la Jeunesse (ONJ) ; Centre de recherche pour le développement international (CRDI - Canada) ; Laboratoire Diraset-Etudes maghrébines.


Résumé :

La réflexion et l’enquête collectives que nous comptons initier dans le cadre de ce programme de recherche n’est pas sans rapport avec les bouleversements de ce que l’on appelle désormais, et par commodité, le « printemps arabe ». Le but du programme est d’aller au-delà des manifestations politiques apparentes des mobilisations collectives révolutionnaires et post-révolutionnaires, pour interroger leurs ressorts profonds en termes de légitimité politique, à travers la définition d’un seuil de tolérance en rapport aux expériences et à la perception des « injustices » ; le plus important n’étant pas les inégalités objectives dans l’accès aux différentes ressources, mais ce qu’elles peuvent susciter comme sentiments d’injustice.
Le malaise collectif qui est à l’origine du tournant politique des « révolutions » arabes et des mouvements de protestation politique et sociale qui lui succèdent (manifestations, sit-in et grèves), ne peut être analysé et compris que si l’on arrive à explorer les représentations collectives, notamment en matière de justice sociale et du rôle de l’État en tant que garant de l’égalité en dignité et de l’égalité des chances entre citoyens. Il est important de savoir sur quelle base et en fonction de quels registres de normativité se construit aujourd’hui la définition du « juste » et de « l’injuste ». Où se situent les seuils de tolérance aux écarts par rapport aux normes de justice ? Quelles sont les représentations du rôle de l’État en la matière ? Dans quelle mesure il continue d’être perçu comme le garant d’un seuil minimum de redistribution des ressources et comme arbitre dans la définition du « bien commun » ? De quel crédit de confiance disposent les institutions, les pouvoirs publics et les élites politiques dans l’exercice de ce rôle ? Il est aussi important d’explorer les situations perçues comme injustes et les émotions qu’elles suscitent, en insistant à la fois sur les registres normatifs et axiologiques qui commandent cette perception et sur sa double articulation autour d’une vision macro-sociale d’un « monde juste » et ce qui est de l’ordre de l’expérience quotidienne de l’injustice.
Le programme se décline en plusieurs activités, dont des enquêtes de terrain, un séminaire, des réunions de chercheurs et, enfin, la mise en place d’un réseau de chercheurs travaillant sur la question. Ce réseau sera constitué de chercheurs maghrébins, de chercheurs non maghrébins qui ont pour terrain les sociétés du Maghreb et, enfin, de chercheurs dont le terrain est situé sur la rive nord de la Méditerranée.

Trois axes thématiques identifiés permettront d’articuler les activités principales du programme :

1. Justice sociale, bien commun et légitimité politique (Réunion de démarrage du programme) ;

2. Sentiments d’injustice et mobilisations collectives (Deuxième réunion du programme) ;

3. Economies morales et espace public au Maghreb : vers une crise des évaluations collective ? (Thème à proposer pour un numéro spécial d’une revue de sciences sociales).

Une enquête de terrain portant sur les sentiments d’injustice chez les jeunes tunisiens avec une perspective de comparaison entre génération est également envisagée.


Activités :


Publications :