L'UGTT, une passion tunisienne. Enquête sur les syndicalistes en révolution : 2011-2014 (édition française)

ugtt2Hèla YOUSFI, 2015, L'UGTT, une passion tunisienne : enquête sur les syndicalistes en révolution (2011-2014), Tunis, IRMC-Karthala, 272 p., ISBN : 978-2811-11467-1.


SOCIOLOGIE POLITIQUE

PRIX : 25 €


L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) est la première force syndicale tunisienne et a longtemps aussi été la seule. Pierre angulaire du mouvement national du temps de la colonisation, l’UGTT a toujours joué un rôle cardinal dans la vie politique tunisienne. Poussée par un puissant soulèvement populaire déclenché le 17 décembre 2010, l’UGTT, l’organisation nationale la plus importante et la plus ancienne en Tunisie, s’est trouvée nettement engagée dans l’action politique, sa capacité de mobilisation lui permettant de peser sur la transformation du champ politique tunisien.

Son action a suscité et suscite encore des débats pour le moins passionnés entre ceux qui considèrent comme salutaire la mobilisation de l’UGTT, ceux qui la dénoncent en appelant la direction de l’UGTT à s’en tenir à son rôle syndical ou encore ceux qui appellent purement et simplement à l’affrontement avec une organisation qui incarne à leurs yeux l’aile encore agissante de l’ancien parti au pouvoir.

Comment l’UGTT a-t-elle interagi avec le soulèvement populaire qui a conduit au départ de Ben Ali ? Quel a été son rôle dans la « transition politique » aboutissant à l’adoption de la première constitution démocratique tunisienne le 26 janvier 2014 ? Comment l’UGTT a-telle réussi à neutraliser le risque de son éclatement provoqué par les différentes crises politiques et sociales ? Quel est l’objectif réel de l’UGTT : prendre le pouvoir, imposer on ne sait quelle dictature du prolétariat ou aider les élites économiques et politiques à se maintenir au pouvoir ? Quels sont les défis auxquels l’UGTT doit faire face dans le nouveau paysage politique ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre.


 SOMMAIRE
 
 
I. L'union générale tunisienne du travail : une spécificité tunisienne

L'émergence du mouvement.
L'UGTT et le Parti-Etat : entre union volontaire et conflit de pouvoir
La décennie Ben Ali : l'UGTT partenaire ?
 
II. Les syndicalistes racontent le soulèvement du 17 décembre 2010. De l'irruption de l'évènement à l'organisation du mouvement
 
L'UGTT : refuge (maljaâ) du soulèvement populaire.
La dynamique interne d'une organisation en crise.
 
III. L'UGTT, on lui en veut mais tout le monde la veut
 
L'UGTT : pouvoir ou contre-pouvoir dans la phase de transition ?
La campagne "Jrad dégage" : quand l'organisation est confondue avec son leader.
La campagne "L'UGTT responsable de l'anarchie sociale".
L'UGTT peut elle se contenter d'un rôle purement syndical ?
IV. Le Congrès de Tabarka ou l'unité à l'épreuve de l'élan révolutionnaire

L'UGTT entre défis organisationnels et enjeux politiques.
Consensus : le mot-phare du Congrès de Tabarka.
Bilan du Congrès : continuité ou rupture ?
 
V. L'UGTT, force d'équilibre ?
 
La confrontation UGTT/Ennadha au coeur d'une transition politique tourmentée.
L'UGTT entre pression sociale et calendrier politique.
L'UGTT : artisan du dialogue national.
 
Conclusion

Cet ouvrage est également paru dans une coédition avec MedAli éditions pour une diffusion tunisienne

Le social par le langage : la parole au quotidien

langageMyriam ACHOUR-KALLEL (dir.), 2015, Le social par le langage : la parole au quotidien, coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 232 p., ISBN : 978-2-8111-1365-0.


ANTHROPOLOGIE/SOCIOLOGIE - MEDIAS/COMMUNICATION

PRIX : 24 € / 25 Dt

 


En parlant ou en écrivant, nous transmettons des informations. Mais nous fabriquons surtout des situations sociales. Ce sont ces idées de construction sociale de tout usage linguistique que développent les contributions de cet ouvrage. Tels des passeurs, les gens réorganisent, au quotidien et suivant les conjonctures, leur environnement, faisant circuler des sens d’un espace à l’autre.

Les travaux de cet ouvrage portent majoritairement sur le Maghreb, mais ils abordent aussi des pays comme le Brésil, l’Égypte, l’Iran ou encore le Liban. Cette approche comparative et décentrée contribue à montrer que, où que l’on soit, ce sont avant tout des rapports sociaux que mettent en lumière les usages linguistiques.

Suivant le type de passage considéré, les contributions se classent en trois parties : « passages ordinaires », comme prier et parler ; « passages provoqués », comme le cas d’un changement politique brutal ou d’une conversion religieuse ; enfin « passages et globalisations », proposant des analyses plus amples des pratiques du langage.


 SOMMAIRE
 
 
Myriam Achour-Kallel, Des passeurs au quotidien : de quelques usages du langage. Introduction.
 
I. Passages ordinaires

Niloofar HAERI, La Salat et son langage : prier hors de la mosquée.
Fatima Zahra LAMRANI, Language as an instrument for creating injustice in the Moroccan court of Justice.
Dorra BEN ALAYA, Représentation sociale de trois codes linguistiques et rapports symboliques.
Khaoula TALEB IBRAHIMI, Passeurs et parcours algériens en langues. Images du « dire en langues » pluriel et plurilingue.
 
II. Passages provoqués

Myriam ACHOUR-KALLEL, « Ici on parle tunisien ». Ecriture du politique et politique de l'écriture ou qui ne peut pas être passeur ?
Katia BOISSEVAIN, Prier Jésus en derja tunisienne. Le statut des langues dans le processus de conversion au protestantisme évangélique.
Fatiha KAOUES, Les langages du protestantisme évangélique.
Slah eddine BEN FADHEL, Langage, culture et développement psychologique de l'enfant.
 
III. Passages et globalisations

Renato ORTIZ, Les sciences sociales et la langue anglaise.
Mohamed BENRABAH, Défis pour la langue arabe à l'ère de la mondialisation et du « printemps démocratique ».
Catherine MILLER, Du passeur individuel au « mouvement linguistique ». Figures de traducteurs vers l'arabe marocain.

L'entrepreneuriat transméditerranéen : les nouvelles stratégies d'internationalisation

entrepreneuriatSylvie DAVIET (dir.), 2015, L'entrepreneuriat transméditerranéen : les nouvelles stratégies d'internationalisation, coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 379 p., ISBN : 978-2-8111-1351-3.


ECONOMIE/DEVELOPPEMENT/TERRITOIRE - MIGRATIONS/MOBILITES/CIRCULATIONS EN MEDITERRANEE

PRIX : 29 € / 25 Dt


Au tournant des années 2010, dans une Méditerranée traversée par l’onde de choc de la crise économique et des « printemps arabes », l’entrepreneuriat transméditerranéen tend à structurer un écosystème relationnel. Tels des argonautes, les entrepreneurs en rédigent la nouvelle Odyssée. Mais au-delà d’une vision Nord-Sud classique, il faut désormais prendre en compte les espaces économiques circulatoires et les dynamiques Sud-Sud, car les horizons de l’entrepreneuriat se diversifient. Les recompositions qui s’opèrent sous nos yeux font ainsi du Maghreb un espace relais entre l’Europe et l’Afrique.

Cet ouvrage s’intéresse ainsi aux nouvelles stratégies d’internationalisation des entreprises à partir des régions riveraines de la Méditerranée et tout particulièrement dans une dimension Maghreb/Europe. Firmes-réseau, diasporas économiques et systèmes productifs transnationaux font de la Méditerranée une interface active, tenant du hub plus que de l’espace intégré.


 SOMMAIRE
 
 
Sylvie DAVIET, L'entrepreneuriat transméditerranéen et l'internationalisation du Maghreb au tournant des années 2010. Introduction.
 
I. Impact des investissements directs étrangers (IDE) et partenariats Nord-Sud

Lamia JAIDANE-MAZIGH, Rôle des fonds souverains dans le développement de la région MENA.
Moussa BOUKRIF, Mohamed MADOUI, Partenariat Danone-Djurdjura : quelles leçons pour les PME algériennes ?
Angela ALAIMO, Michele COLETTO, Alessandra SCROCCARO, Modèle de développement et redéploiement des entreprises italiennes dans la Tunisie post-Ben Ali : vers des dynamiques circulatoires ?
Stéphane DE TAPIA, Les entreprises turques au Maghreb : émergence d'un nouvel espace économique ?
 
II. Entreprises et groupes maghrébins à l'international

Sylvie DAVIET, Internationalisation : les nouvelles ambitions des groupes tunisiens et marocains.
Hamadi TIZAOUI, Le groupe Elloumi dans le système productif transméditerranéen des équipements de l'automobile.
Maarouf RAMADAN, Nadine LEVRATTO, L'internationalisation des PME méditerranéennes. Elements d'analyse à partir des PME marocaines.
Bakary SAMBE, Les réseaux d'affaires marocains au Sénégal dans le sillage de la politique africaine du Maroc.
 
III. Le prisme de quelques secteurs récents ou traditionnels

Pascale FROMENT, L'internationalisation passive des entreprises du système mode à Tanger.
Alexandre GRONDEAU, Réseaux transnationaux, cluster et économie de la connaissance au Maroc.
Sylvie MAZZELLA, Entreprises transméditerranéennes du savoir en Tunisie : entre logique marchande et nouvel esprit public.
Nadia BENALOUACHE, L’internationalisation des entreprises de l’énergie solaire en Tunisie et au Maroc.
 
IV. Réseaux et modalités du réinvestissement

Houda LAROUSSI, Les stratégies des femmes d’origine maghrébine créatrices d’entreprises en Île-de-France et au pays d’origine.
Emmanuelle SANTELLI, Des entrepreneurs transnationaux en Algérie : deux types d’investisseurs parmi les descendants d’immigrés Algériens.
Mohamed BEN ATTOU, Les entrepreneurs émigrés et le réinvestissement à Agadir et dans sa région.
Hassan BOUBAKRI, Mourad KHEDIJA, Les investissements en Tunisie des Tunisiens migrants à l’étranger : au-delà des chiffres, les effets sur les territoires.
 
V. Fonctionnements transméditerranéens et diasporas

Sonia EL AMDOUNI, L’ATUGE, création et dynamique d’une diaspora économique entre France et Tunisie.
Eric GOBE, Catherine MARRY, Françoise CHAMOZZI, Logiques managériales et entrepreneuriales des diplômés tunisiens et marocains des grandes écoles françaises (1990-2000).
 Isabel SCHÄFERActeurs économiques tuniso-allemands, identités transméditerranéennes et transition.
André DONZEL, L’entrepreneuriat issu de l’immigration à Marseille : le temps du désenclavement.
 
Pierre-Noël DENIEUIL, Les entrepreneurs maghrébins face à l'international. Circulations et interférences. Postface.

L'UGTT, une passion tunisienne. Enquête sur les syndicalistes en révolution : 2011-2014 (édition tunisienne)

Hèla YOUSFI, 2015, L'UGTT, une passion tunisienne : enquête sur les syndicalistes en révolution (2011-2014), Tunis, IRMC-Med Ali, 254 p., ISBN : 978-9973-33-447-3.


SOCIOLOGIE POLITIQUE

PRIX : 15 Dt


L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) est la première force syndicale tunisienne et a longtemps aussi été la seule. Pierre angulaire du mouvement national du temps de la colonisation, l’UGTT a toujours joué un rôle cardinal dans la vie politique tunisienne. Poussée par un puissant soulèvement populaire déclenché le 17 décembre 2010, l’UGTT, l’organisation nationale la plus importante et la plus ancienne en Tunisie, s’est trouvée nettement engagée dans l’action politique, sa capacité de mobilisation lui permettant de peser sur la transformation du champ politique tunisien.

Son action a suscité et suscite encore des débats pour le moins passionnés entre ceux qui considèrent comme salutaire la mobilisation de l’UGTT, ceux qui la dénoncent en appelant la direction de l’UGTT à s’en tenir à son rôle syndical ou encore ceux qui appellent purement et simplement à l’affrontement avec une organisation qui incarne à leurs yeux l’aile encore agissante de l’ancien parti au pouvoir.

Comment l’UGTT a-t-elle interagi avec le soulèvement populaire qui a conduit au départ de Ben Ali ? Quel a été son rôle dans la « transition politique » aboutissant à l’adoption de la première constitution démocratique tunisienne le 26 janvier 2014 ? Comment l’UGTT a-telle réussi à neutraliser le risque de son éclatement provoqué par les différentes crises politiques et sociales ? Quel est l’objectif réel de l’UGTT : prendre le pouvoir, imposer on ne sait quelle dictature du prolétariat ou aider les élites économiques et politiques à se maintenir au pouvoir ? Quels sont les défis auxquels l’UGTT doit faire face dans le nouveau paysage politique ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre.


 SOMMAIRE
 
 
I. L'union générale tunisienne du travail : une spécificité tunisienne

L'émergence du mouvement.
L'UGTT et le Parti-Etat : entre union volontaire et conflit de pouvoir
La décennie Ben Ali : l'UGTT partenaire ?
 
II. Les syndicalistes racontent le soulèvement du 17 décembre 2010. De l'irruption de l'évènement à l'organisation du mouvement
 
L'UGTT : refuge (maljaâ) du soulèvement populaire.
La dynamique interne d'une organisation en crise.
 
III. L'UGTT, on lui en veut mais tout le monde la veut
 
L'UGTT : pouvoir ou contre-pouvoir dans la phase de transition ?
La campagne "Jrad dégage" : quand l'organisation est confondue avec son leader.
La campagne "L'UGTT responsable de l'anarchie sociale".
L'UGTT peut elle se contenter d'un rôle purement syndical ?
IV. Le Congrès de Tabarka ou l'unité à l'épreuve de l'élan révolutionnaire

L'UGTT entre défis organisationnels et enjeux politiques.
Consensus : le mot-phare du Congrès de Tabarka.
Bilan du Congrès : continuité ou rupture ?
 
V. L'UGTT, force d'équilibre ?
 
La confrontation UGTT/Ennadha au coeur d'une transition politique tourmentée.
L'UGTT entre pression sociale et calendrier politique.
L'UGTT : artisan du dialogue national.
 
Conclusion

Cet ouvrage est également paru dans une coédition avec Karthala pour une diffusion internationale

Révolution tunisienne et défis sécuritaires

Farah HACHED, Wahid FERCHICHI (dir.), Hana BEN ABDA, Khansa BEN TARJEM, Khaled MEJRI (collab.), 2015, Révolution tunisienne et défis sécuritaires, Tunis, IRMC-Labo' démocratique, Med Ali, 3 vol., ISBN : 978-9973-33-433-6.


DROIT/JUSTICE TRANSITIONNELLE

PRIX : 25 Dt

www.secretpoliceproject.org


L'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC, Tunis) est heureux de contribuer à l'édition du coffret Révolution tunisienne et défis sécuritaires qui propose (en trois volumes) une réflexion originale et totalement inédite (dans le monde arabe) sur les relations entre citoyens et services de sécurité dans le contexte particulier de changement de régime que connaît la Tunisie depuis le 14 janvier 2011. Initiée par le Labo' démocratique, cette réflexion se distingue par le choix audacieux des thématiques traitées, la qualité du travail réalisé et la précision de l'analyse proposée.
 
Chaque tome traite d'une question que les auteurs jugent avec raison fondamentale dans un contexte de sortie de l'autoritarisme : les archives de la dictature (tome 1), la protection de la vie privée et la transparence (tome 2), le contrôle des services de renseignements (tome 3). Leur lecture montre que ces sujets sont plus complexes qu'il n'y paraît. Loin de postures politico-morales simplificatrices, Farah Hached, Wahid Ferchichi et leur équipe prônent tout à la fois souci de justice collective, respect des individus et importance des questions sécuritaires. La composition ternaire de chaque livre illustre ce refus du confort intellectuel. Un premier moment décrit le contexte historique, juridique et politique tunisien, à partir de sources multiples parfois originales. Un second moment nous incite à « penser ailleurs » : la présentation comparée d'expériences étrangères invite à puiser en dehors de la Tunisie les « bonnes pratiques » les plus adaptées au contexte tunisien. Le troisième moment termine la boucle de la pensée en proposant, dans la continuité des deux premiers, des axes de réformes adaptés au contexte tunisien. Le souci d'articuler aussi étroitement l'historicité propre de la Tunisie avec d'autres expériences nationales, sans jamais considérer celles-ci comme des modèles, a tout particulièrement séduit l'IRMC. Organisme de recherche unique dans le paysage tunisien, l'IRMC entend accompagner le processus démocratique en Tunisie. Le soutien à l'édition d'essais, de documents et d'archives du temps présent fait partie de sa mission : stimuler la production et la diffusion du savoir critique et participer au débat.

 SOMMAIRE
 
 
TOME 1. LES ARCHIVES DE LA DICTATURE : ENTRE JUSTICE TRANSITIONNELLE ET SÉCURITÉ
 
I. Le contexte tunisien : cadre historique, juridique et politique

1. Définition et délimitation des concepts.
2. Un peu d'histoire : regard sur l'Indépendance.
3. Le cadre de la loi n°88-95 du 2 août 1988.
4. Le contexte révolutionnaire et les archives de la dictature.
5. Les archives de la dictature : enjeu de la transition.
 
II. Bilan comparé des expériences étrangères
 
1. Identification des archives.
2. Protection des archives.
3. Droit d'accès et droit de rectification.
4. Utilisation des archives.
5.Les structures de préservation.
 
III. Les axes de réformes pour la Tunisie
 
1. Une réglementation spécifique.
2. Une réglementation concertée.
3. Prendre en compte le facteur temps.
4. Identification, collecte et protection des archives.
5. Transfert des archives à une institution neutre et indépendante.
6. Archives et loi organique sur la justice transitionnelle.
7. Transparence relative aux personnes briguant un mandat électif ou un poste au gouvernement (ou équivalent).
8. Droit d'accès individuel et de rectification.
9. Protection des données à caractère sécuritaire.
10. Protection des données relatives à la vie privée.
 
Conclusion

TOME 2. PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE ET TRANSPARENCE DANS LE SECTEUR DE LA SÉCURITÉ
 
I. Le contexte tunisien : cadre historique, juridique et politique

1. Définition et délimitation des concepts.
2. Les principes régissant la protection de la vie privée applicables au secteur de la sécurité.
3. Les garanties relatives au traitement des données à caractère personnel dans le secteur de la sécurité.
4. Etat des lieux du droit d'accès à l'information détenue par les services de sécurité.
 
II. Bilan comparé des expériences étrangères
 
1. Les principes de protection de la vie privée et de transparence au défi des contraintes sécuritaires.
2. L'encadrement des limites sécuritaires appliquées aux principes de protection de la vie privée et de transparence.
3. Les garanties institutionnelles relatives aux principes de protection de la vie privée et de transparence : un secteur de la sécurité sous contrôle.
 
III. Les axes de réformes pour la Tunisie
 
1. La mise en place d'un cadre juridique précis pour les dérogations relatives à la protection de la vie privée et au droit d'accès à l'information.
2. Une plus grande indépendance de l'Instance nationale de protection des données à caractère personnel et de la future commission d'accès à l'information.
3. La mise en place d'un cadre juridique et d'un contrôle des actions intrusives non judiciaires dans la vie privée.
4. Des garanties pour la création et le maintien des fichiers de sécurité.
5. Des garanties pour l'utilisation des fichiers.
 6. Des garanties concernant l'interconnexion des fichiers.
7. Des garanties en cas de déclassification et contre les divulgations d'informations sécuritaires.
 
Conclusion
TOME 3. LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT TUNISIENS : QUEL CONTRÔLE ?
 
I. Le contexte tunisien : cadre historique, juridique et politique

1. Définition et délimitation des concepts.
2. Sécurité et renseignements à l'époque coloniale.
3. Les services de renseignements sous Bourguiba.
4. Les services de renseignements sous Ben Ali.
5. Les pratiques des services de renseignements : bilan et défis.
 
II. Bilan comparé des expériences étrangères
 
1. L'organisation des services de renseignements.
2. Les attributions des services de renseignements.
3. Le contrôle interne au sein des services de renseignements.
4. Le contrôle hiérarchique et la prévention des abus du pouvoir hiérarchique.
5. Le contrôle parlementaire.
6. Le contrôle externe des autorités administratives indépendantes.
7. Le contrôle juridictionnel et quasi-juridictionnel.
 
III. Les axes de réformes pour la Tunisie
 
1. Un cadre législatif pour une organisation plus rationnelle et plus transparente.
2. Des attributions clairement définies par la loi.
3. Mise en place de mécanismes de contrôle interne.
4. Une clarification de la relation entre le pouvoir exécutif et les services de renseignements.
5. Des procédures garantissant la neutralité et l'indépendance des responsables des services de renseignements.
 6. Mise en place d'un contrôle parlementaire par étapes, incluant un contrôle budgétaire dès la première étape.
7. Mise en place de contrôles externes spécifiques pour l'utilisation des prérogatives spéciales.
8. Mise en place de formations spécifiques pour les différents acteurs.
 
Conclusion

Cet ouvrage est également paru simultanément en langue arabe et possède un site internet www.secretpoliceproject.org sur lequel une base de donnée regroupe les bibliographies des trois tomes, des sources, des références et des documents liés directement ou indirectement au sujet.

Du comptoir à la colonie : histoire de la communauté française de Tunisie, 1814-1883

Anne-Marie PLANEL, 2015, Du comptoir à la colonie : histoire de la communauté française de Tunisie, 1814-1883, Paris, IRMC-Riveneuve éditions, 846 p., ISBN : 978-2-36013-190-7.


HISTOIRE/HISTORIOGRAPHIE-PATRIMOINE

PRIX : 38 € / 58 Dt


Des milliers de Français ont vécu en Tunisie entre 1814 et 1883. Certains y sont nés, d’autres y ont immigré très jeunes, fondant sur place une famille. Contemporains des bouleversements institutionnels du XIXe siècle européen, ils ont choisi de s’établir, à plus ou moins long terme, dans cette régence ottomane d’Occident, proche de l’Europe, qui mettait alors en œuvre des réformes économiques et politiques. Quel sens ces héritiers de la Révolution de 1789 donnaient-ils à leur présence en pays musulman ?

L’enquête, menée à partir des actes civils et notariés – mais aussi religieux – qu’ils ont produits sur place, retrace les itinéraires d’hommes et de femmes, pour la plupart inconnus. Ils sont négociants, artisans, ouvriers ou infirmières mais aussi ingénieurs, pilotes de navires à vapeur, professeurs ou médecins, etc.  Les uns sont recrutés par le Gouvernement tunisien, les autres montent des sociétés en mobilisant des capitaux venus de France. Tous aspirent à une promotion professionnelle et à une reconnaissance statutaire au sein d’une société urbaine en mutation. L’auteur s’interroge sur la réussite ou l’échec de leurs projets de vie. Au fur et à mesure que ces étrangers s’ancrent dans le pays, ils construisent un cadre familial élargi à d’autres nationalités. Ils revendiquent aussi le droit à la sécurité, à la dignité et à la justice pour tous, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

L’approche microsociale de cette migration de compétences montre le passage d’une société de comptoir marchand à une colonie de peuplement. Elle pose la question de l’articulation entre expériences individuelles et action collective dans un contexte de relations inégales entre deux mondes culturels.

 SOMMAIRE
 
 
Bernard VINCENT, préface.
Une émigration mineure? Introduction.
 
I. Histoire d'une migration méditerranéenne
 
La fin de l'échelle de peuplement

1. Un agrégat de population au statut national mal défini.
2. La survivance d'une société de comptoir.
3. Le triomphe de l'individualité.
4. Affaires de commerce ou de famille.
5. Les militaires entre forces ottomanes et armée nationale.
6. Une migration ouvrière dans la campagne du Nord-Est.
7. La transposition de la fonction d'ingénieur en chef.
 
La naissance d'une colonie de peuplement
 
8. Les artisans d'un grand chantier d'hydraulique urbaine.
9. L'institutionnalisation de migrations temporaires sur projet.
10. L'épidémie : insécurité extraordinaire ou phénomène social ?
 
Les hommes de lettres et la confrontation des savoirs
 
11. L'instruction, enjeu de confraternité sociale.
12. Les défenseurs de la Réforme tunisienne.
 
II. Réussites ou échecs des parcours migratoires ?
 
Les voies de la mobilité professionnelle

13. Comment se négocie la compétence ?
14. Les freins portés aux entreprises indépendantes.
15. Quel français peut être propriétaire à Tunis avant 1871 ?
16. Les héritiers à l'échelle.
17. Les familles "makhzéniennes".
18. Les "nouvelles couches" bourgeoises.
 
L'impossible mobilisation collective
 
19. L'unanimisme chrétien en pays d'Islam.
 20. Le refus de l'interconfessionnalité.
21. La transplantation d'un judaïsme séculier, à la française.
22. La faillite d'une structure de soins pour tous.
23. L'échec de l'idéal de confraternité sociale.
 
 
Conclusion.
Chronologie franco-tunisienne 1814-1883.
Sources.
Bibliographie.
Généalogie.
Index général.
Illustrations.

Villes maghrébines en situations coloniales

Charlotte JELIDI (dir.), 2014, Villes maghrébines en situations coloniales, coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 298 p., ISBN : 978-2-8111-1291-2.


ETUDES URBAINES - HISTOIRE/HISTORIOGRAPHIE-PATRIMOINE

PRIX : 25 € / 20 Dt


Issu d’un programme de recherche collectif, mené au sein de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, de 2009 à 2013, cet ouvrage s’est fixé deux objectifs : d’une part, participer à la connaissance et à la compréhension des divers processus de transformation des villes maghrébines en situations coloniales et, d’autre part, identifier, exploiter et valoriser au maximum les fonds d’archives, souvent inédits, qui se rapportent directement ou indirectement à ces entreprises de transformation urbaine, et dont le potentiel nous semblait trop sous-estimé.

Dans la lignée de nombreux travaux publiés ces dernières années, il est montré qu’il n’existe pas « une » ville coloniale, entité abstraite aux caractéristiques bien déterminées, mais il y a des villes dans des situations coloniales contrastées, dont leurs transformations ne furent ni similaires, ni linéaires, ni lisses. Les transformations urbaines ont résulté de processus complexes, produits par des acteurs nombreux (services centraux, municipalités, acteurs ordinaires européens ou indigènes, communautés religieuses, etc.) dont les logiques s’entremêlaient, parfois même concurrentes, et s’imbriquaient toujours les unes dans les autres en fonction de rapports de forces, certes inégaux, mais ô combien fluctuants.

Cet ouvrage rappelle enfin que les transformations des villes maghrébines en situations coloniales sont le résultat d’une succession de projets, aboutis ou avortés, de contre-projets et de réalisations procédant, souvent, de hasards et, presque toujours, de bricolages incessants, ce qui donne à voir une réalité bien éloignée de l’image de la ville conquérante que se plaisait à véhiculer la propagande coloniale.


 SOMMAIRE
 
 
Charlotte JELIDI, Les villes, les acteurs de leur production et leurs archives (XIXe-XXe siècles), introduction.
 
I. Planification des villes : doctrines et application

François DUMASY, La grande spoliation d'Alger, 1830-1834 : codifications et énonciations d'un bouleversement urbain.
Bernard PAGAND, Assïa MALKI ALLOUANI, Un quartier colonial à Constantine (Algérie) : le Coudiat Aty.
Hounaïda DHOUIB MORABITO, La reconstruction de Sfax (1943-1948). Le dessein d'une ville entre planification d'une ville et compromis.
Boussad AÏCHE, Des cités indigènes aux cités de recasement en Algérie (1930-1950).
Myriam BACHA, La proctection de la Medina de Sfax pendant le Protectorat. Le rôle determinant de l'élite musulmane locale dans la politique patrimoniale coloniale.
 
II. Situations de tensions : révélateurs de mécanismes de production de la ville "ordinaire"

Colette ZYTNICKI, De la place-forte à la capitale des hiverneurs. L'invention de Biskra en ville touristique (1844-1939).
Leïla AMMAR, Sousse et le tracé de l'avenue de la Quarantaine. Genèse de la ville neuve.
Esmahen BEN MOUSSA, Le règlement de la voirie de Tunis (1889). Genèse et application.
 Habib KAZDAGHLI, Cimetières et extension urbaine. Le cas de l'ancien cimetière juif de Tunis.
Christophe GIUDICE, Pour une histoire ordinaire des villes maghrébines.
 
III. Initiatives privées et le champ institutionnel : apports et limites des archives privées dans le renouveau de l'historiographie

Clara Ilham ALVAREZ DOPICO, Tradition et rénovation dans la céramique tunisienne d'époque coloniale. Le cas d'Elie Blondel, le Bernard Palissy africain (1897-1910).
Lucy HOFBAUER, Le cas particulier des archives d'architectes. Histoires coloniales et histoires individuelles, l'architecture de Jean-François Zevaco dans le Maroc sous tutelle française.
Charlotte JELIDI, Le transfert intra-maghrébin d'une politique patrimoniale en contexte colonial. Le baron d'Erlanger, Sidi Bou Saïd et la préservation de l'architecture dite "arabe" en Tunisie (1910-1932).

Bédouins sédentarisés et société citadine à Tozeur (Sud-Ouest tunisien)

Nicolas PUIG, 2003, Bédouins sédentarisés et société citadine à Tozeur (Sud-Ouest tunisien), coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 282 p., ISBN : 978-2-84586-473-6.


ECONOMIE/DEVELOPPEMENT/TERRITOIRE - SOCIOLOGIE/ANTHROPOLOGIE

PRIX : 26 € / Epuisé

 


Lieu de passage privilégié des habitants reliant une partie de la vaste zone périphérique de la ville de Tozeur, dans le Sud-Ouest tunisien, à ses quartiers centraux, le cimetière Sîdî Abd al-Rahîm, est avant tout un espace de vie. Anciennement dernière extrémité du monde citadin (tout autant que dernière demeure du citadin d'ailleurs), ce cimetière, l'un des deux que compte la ville, est aujourd'hui enserré dans les limites communales et intégré dans les habitudes de ceux qui se sont, les premiers, installés à proximité, le groupe des Rkârka, également identifié comme " ceux de Derrière le cimetière ". Que ceux de derrière et ceux de devant y mélangent leurs morts n'empêchent pas ces derniers, les oasiens, de jeter un regard chargé de mépris sur ces populations bédouines aux mœurs réputées un peu trop frustes pour la culture citadine.

En effet, dans toute cette région du Jérid, succession de vieilles cités adossées à leur palmeraie, les habitants se sentent dépositaires d'une culture forgée dans la sédentarité autorisant le cumul des oeuvres humaines. Ils se nomment les Jéridis, du nom de la région qu'ils occupent. Cette appartenance géographique suffit déjà à les différencier des nomades qui portent le nom de leur ancêtre éponyme, substituant à la référence spatiale une identité ancrée sur la lignée et sa succession, donc sur le temps. Ils se nomment ainsi Rkârka (ring. Rakrûkî), les descendants de Rakrûk, lui-même issu de Sîdî Abîd, patron saint ayant vécu probablement au XVIe siècle, dont le tombeau se situe dans la région de Tebessa en Algérie.

Depuis une quarantaine d'années, les Rkârka, avec d'autres groupes du même ensemble tribal des Awlâd Sîdî Abîd, sont venus en masse se fixer aux abords de la ville de Tozeur, dans deux vastes zones nommées Ras adh-Dhraa et Helba. Ils contribuent aux recompositions de la société citadine de Tozeur et participent aux changements sociaux qui affectent l'ensemble de cette petite région des confins du Sahara. Ainsi, du bourg modeste, travaillé par la distinction et la stigmatisation, émerge depuis une vingtaine d'année une cité contemporaine dotée d'une organisation citadine progressivement élargie aux derniers sédentarisés.


 SOMMAIRE
 
 
Introduction.
Esquisse de l'espace social du Sud tunisien.
Elements de méthode
 
I. Histoires de lieux

Chapitre 1 : Configurations "jéridiennes".
Chapitre 2 : Territoires hagiographiques.
 Chapitre 3 : Espaces pastoraux et lieux de sédentarisation.
Chapitre 4 : Les nomades dans la ville.
 
II. Histoires d'habiter

Chapitre 5 : Le modèle d'habitat bédouin.
Chapitre 6 : Le quartier communautaire à la croisée des chemins.
Chapitre 7 : les évolutions des espaces domestiques.
Chapitre 8 : L'ère des mobilités : résidence et parenté.
 
III. Histoires de terres

Chapitre 9 : L'Etat contre la qabîla. L'extension de la souveraineté nationale au détriment des autonomies locales.
Chapitre 10 : Saisissement communautaire et arûshiyya.
Chapitre 11 : Passions généalogiques.
 
IV. Lieux communs

Chapitre 12 : Le monde des palmeraies.
Chapitre 13 : Lieux et usages dans les palmeraies.
Chapitre 14 : Tourisme : la construction du décor.
Chapitre 15 : Une figure locale du tourisme, le bezness.
Chapitre 16 : Tozeur réinventée ?
 
Une société urbaine en formation ? Conclusion.

Sainte parmi les saints. Sayyda Mannûbiya ou les recompositions culturelles dans la Tunisie contemporaine

Katia BOISSEVAIN, 2006, Sainte parmi les saints. Sayyda Mannûbiya ou les recompositions culturelles dans la Tunisie contemporaine, coll. Connaissance du Maghreb, Paris, IRMC-Maisonneuve & Larose, 264 p., ISBN : 978-2-7068-1930-8.


ECONOMIE/DEVELOPPEMENT/TERRITOIRE

PRIX : 28 € / 15 Dt

 


Au Maghreb, au XXIe siècle, les saints musulmans et les rituels qui leur sont associés, loin de se dissoudre dans une modernité uniformisante, continuent à réunir nombre de fidèles. À partir d’un travail de terrain de plusieurs années, à Tunis et à La Manouba, l’auteur analyse le culte contemporain d’une sainte du XIIIe siècle, Sayyda Mannûbiya. D’après l’hagiographie et les légendes, les différences entre femmes et hommes saints paraissent minimisées en islam. Cependant, en dépit de la similarité apparente des rituels dédiés aux figures pieuses, certaines conditions singulières sont nécessaires à l’action de cette femme sainte, qui s’associe à d’autres saints et se joue des limites entre les genres.

Ce livre décrit les formes plurielles de dévotion à la sainte, par des femmes et par des hommes, en deux lieux complémentaires, éclairant les dynamiques à l’œuvre issues d’un culte dédoublé, mais aussi les multi-affiliations existant entre ce même culte et d’autres pratiques religieuses concomitantes ou concurrentes. À la question des interactions entre hommes et femmes lors des cérémonies, s’ajoute celle des origines sociales et régionales des participants. En effet, le culte de Sayyda Mannûbiya qui bénéficie toujours d’un ancrage au sein des plus anciennes familles tunisoises, revêt un prestige auprès d’une clientèle néo-citadine, installée dans les nouveaux quartiers de la capitale et dont l’extension remonte aux années 1960.

L’auteur montre comment la mise en présence de populations variées, à l’occasion d’une dévotion commune, contribue à revivifier les rituels en l’honneur d’une sainte, en particulier, et s’interroge, de façon plus générale, sur les modalités actuelles d’appropriation du culte des saints.


 SOMMAIRE
 
 
Katia BOISSEVAIN, Introduction.
 
I. Histoires et légendes de Sayyda Mannûbiya

Chapitre 1 : Les légendes contemporaines d'une sainte médiévale.
Chapitre 2 : La sainte et ses lieux : ancrages et mutations spatiales.
Chapitre 3 : La zâwiya-s de la sainte : entre discours et représentations.
 
II. Deux visages pour une sainte

Chapitre 4 : Gérer le culte, entre obédience confrérique et filiation métaphorique.
Chapitre 5 : La Parole de Dieu et la voix des hommes.
Chapitre 6 : Chanter pour les saints, danser pour les jinn-s.
Chapitre 7 : De la transe du jinn à la parole du saint.
 
III. Une sainte frontière et passerelle

Chapitre 8 : Sayyda Mannûbiya : un culte intégré et intégrateur.
Chapitre 9 : Sortir de la Zâwiya : l'espace domestique sacralisé.
Chapitre 10 : Une sainte englobante, sainte de toutes les femmes.

Conclusion

Le temps des entrepreneurs? Politique et transformations du capitalisme au Maroc

Myriam CATUSSE, 2008, Le temps des entrepreneurs ? Politique et transformations du capitalisme au Maroc, coll. Connaissance du Maghreb, Paris, IRMC-Maisonneuve & Larose, 348 p., ISBN : 978-2-7068-1998-8.


ECONOMIE/DEVELOPPEMENT/TERRITOIRE

PRIX : Epuisé / 15 Dt

 


Le Maroc est au diapason de l'agenda néolibéral international. Les trajectoires politico-économiques du Royaume sont à bien des égards exemplaires. Caisse de résonance, parfois laboratoire de cette " religion moderne ", la société marocaine en vit les espérances et les déceptions. Elle en connaît certaines fortunes, effets pervers ou contrecoups. Le " développement " du pays paraît sans cesse en sursis : il est l'objet d'attentions renouvelées, d'expériences locales ou internationales variées, mais aussi de résultats souvent frustrants, voire dévoyés.

Le temps des entrepreneurs explore les dimensions politiques de ces transformations du capitalisme marocain : les réformes d'une action publique tournée vers le marché et l'entreprise mais aussi leurs accrochages à la construction de causes publiques prises en charge par des chefs d'entreprise. Il se penche dans ce contexte sur les politiques de "l'entrepreneur" : celles qui s'adressent aux chefs d'entreprise, comme celles qui sont menées derrière l'étendard de "l'entrepreneur".

Quelles furent les conséquences de ce changement de paradigme des politiques économiques sur les rapports de pouvoir, les techniques de gouvernement et les logiques de la compétition politique ? Comment le régime marocain se transforme-t-il dans cette période de turbulences, d'ajustement aux canons des agences de développement internationales et d'adaptation aux contraintes économiques ?

Considérant tour à tour deux arènes, celle de l'action publique proprement dite et des privatisations et celle de jeux plus directement politiques, où se produisirent des transformations notables du politique, le présent ouvrage montre comment, durant cette période, des opérateurs économiques, généralement réputés politiquement apathiques, sous tutelle ou démobilisés, ont pris la parole, se sont organisés en lobby, ou encore, en endossant l'habit de " l'entrepreneur ", se sont lancés dans l'aventure partisane.


 SOMMAIRE
 
 
Myriam CATUSSE, Les fortunes de "l'entrepreneur" à l'heure néolibérale, Introduction générale.
 
I. D'un capitalisme à l'autre dans les sillons des privatisations

Chapitre 1 : Engendrer des entrepreneurs ? Genèse d'une loi démiurge.
Chapitre 2 : Les privatisations à l'épreuve. La cession des entreprises publiques.
Chapitre 3 : Les arènes de la décharge. Action publique, investissements privés.
Chapitre 4 : Un Etat de droit pour les affaires. Les enjeux de la normalisation.
 
II. L'entrée en politique des entrepreneurs

Chapitre 5 : Dans les arcanes de la CGEM. L'invention d'un groupe d'intérêt.
Chapitre 6 : De la lutte des classes au dialogue social ? Effets sociaux et désillusions politiques d'une synecdoque institutionnelle.
Chapitre 7 : L'aventure partisane. Les entrepreneurs à l'assaut du politique.

Conclusion

Page 1 sur 6