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Publics et spectacle cinématographique en situation coloniale
Morgan Corriou (dir.), 2012

Publics et spectacle cinématographique en situation coloniale, Morgan Corriou (dir.), 2012, Tunis, IRMC-CERES, n° 5, « Cahiers du C.E.R.E.S. hors série », 320 p., ISBN : 978-9973-902-47-4.

L’histoire du cinéma dans les pays anciennement colonisés a très souvent tendance à se confondre avec l’émergence d’un cinéma national. À l’exception de l’Inde ou de l’Égypte, où sont nées très tôt des industries cinématographiques ambitieuses, ces nations sembleraient donc n’entrer dans l’ère de l’image animée qu’à la date des indépendances, soit plus d’un demi-siècle après la naissance du cinématographe. À cette époque, le cinéma est pourtant, et depuis fort longtemps, inscrit dans la vie quotidienne des populations, en particulier citadines. Autour de la salle de cinéma (ou de ce qui en tient lieu), une sociabilité voit le jour ; un espace, une économie, des métiers naissent, associés à une culture moderne des loisirs et à un nouveau mode de vie urbain.
Les études réunies dans cet ouvrage mettent en question la pratique cinématographique en situation coloniale à travers l’étude des publics, des salles de cinéma, de la réception. Elles s’intéressent à différents territoires dominés par la France (Afrique française du Nord, Afrique occidentale française), tout en ouvrant une perspective sur les colonialismes britannique et russe. Ce rapprochement permet de dépasser le cadre étroit des aires culturelles pour constater la similarité des problématiques qui se posent au nouveau spectacle, dans un contexte de domination politique, économique et culturelle.
La première partie de l’ouvrage analyse l’introduction et le développement du cinéma dans les empires coloniaux ainsi que l’apparition rapide d’un public autochtone. La deuxième partie adopte un point de vue plus politique en interrogeant la salle de cinéma comme espace public et le film comme objet de contestation nationale. Enfin, la troisième partie aborde la question de la réception des images, en mettant en valeur l’appropriation de l’œuvre cinématographique et l’espace de liberté du colonisé devant le film.
Archiviste paléographe, conservateur des bibliothèques, Morgan Corriou achève une thèse sur le spectacle cinématographique en Tunisie à l’époque du protectorat à l’université Paris Diderot – Paris 7 (laboratoire SEDET).
Ont contribué à cet ouvrage :
Habib Belaïd, Omar Carlier, Renaud Chaplain, Prem Chowdry, Morgan Corriou, Cloé Drieu, Odile Goerg, Nadia Mamelouk, Fabrice Montebello, Elizabeth Thompson.

Sommaire

Morgan CORRIOU, introduction

Implantation du cinéma et publics autochtones

Omar CARLIER, Le cinéma en Algérie à l’entre-deux-guerres : de la percée en ville européenne à l’émergence d’un public « indigène ».
Odile GOERG, Entre loisir et contestation : le cinéma en Afrique occidentale française.
Morgan CORRIOU, Tunis et les « temps modernes » : les débuts du cinématographe dans la Régence (1896-1908).
Renaud CHAPLAIN, Les cinémas des publics : la diversité de l’exploitation à Lyon (1905-1940).

De la salle de cinéma à la sphère publique

Prem CHOWDHRY, Définir un public indien : le film d’aventure occidental dans l’Inde coloniale.
Elizabeth THOMPSON, Boycott d’un cinéma à Fès en 1948.
Nadia MAMELOUK, L’écriture d’une culture nationale dans les pages d’une revue féminine : le cinéma dans Leïla (1936-1941).

Appropriations locales de l’image animée

Cloé DRIEU, De la pratique en situation coloniale aux usages totalitaires : le film et son environnement sonore et visuel en Asie Centrale (1908-1937).
Habib BELAID, La « caravane cinématographique ». Propagande et diffusion en milieu rural tunisien (1942-1953).
Fabrice MONTEBELLO, Films égyptiens et ouvriers algériens dans la Lorraine industrielle. Analyse d’un cas de « diaspora des publics ».

 

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