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Clémentine Gutron, L’archéologie en Tunisie (XIXe-XXe siècles). Jeux généalogiques sur l’Antiquité, 2010

Clémentine Gutron, L’archéologie en Tunisie (XIXe-XXe siècles). Jeux généalogiques sur l’Antiquité, 2010, Paris, Karthala-IRMC, coll. Hommes et sociétés, 336 p., ISBN : 978-2-8111-0396-5

À la croisée de l’histoire des savoirs, de l’anthropologie historique et de l’historiographie, Jeux généalogiques sur l’Antiquité analyse la constitution d’un domaine de connaissance précis, l’archéologie, dans une Tunisie tant coloniale qu’indépendante. Comment cette discipline qui revendique à juste titre un crédit de scientificité, se trouve-t-elle enrôlée dans des logiques d’affirmation impériale puis nationale ? Comment la définition des identités et des patrimoines évolue-t-elle dans des contextes politiques et mémoriels différents ? Quels Anciens sont-ils promus Ancêtres dans les constructions généalogiques tunisiennes d’hier et d’aujourd’hui ?

Ce livre qui offre une contribution originale à l’histoire des relations culturelles entre la France et la Tunisie, présente la particularité de combiner deux approches, celles de l’historien et de l’anthropologue. L’auteur nous révèle la « face cachée » de cette activité savante, en analysant, dans la durée, les institutions et les enjeux variés (politiques, économiques, sociétaux) et variables qui se reconstruisent autour de certains sites, en retraçant également l’itinéraire intellectuel des grandes figures (passées et présentes) de l’archéologie en Tunisie. Pour ce faire, ont été conjugués des enquêtes de terrain, des entretiens et une documentation extrêmement variée, allant de la correspondance et littérature savantes à la bande dessinée et au roman contemporain. L’auteur y défend la thèse que l’archéologie est une science humaine qui s’ignore et dont les effets sur la société sont particulièrement lourds de conséquences.

Historienne de formation, actuellement en poste au Pôle archéologie/Sciences Humaines et Sociales du ministère des Affaires étrangères, Clémentine Gutron tire ici parti des méthodes de l’enquête anthropologique pour analyser l’archéologie et les archéologues pris entre l’austère pratique des fouilles et un environnement politique et historiographique dont on ne saurait faire abstraction.

Table des matières

Remerciements
Préface d’Alain Schnapp, L’antiquaire, le Levant et les archéologues

Introduction, Jeux généalogiques sur l’Antiquité : l’archéologie en Tunisie (XIXe - XXe siècles)

Chapitre 1 : Colonisation et décolonisation archéologique en Tunisie

La Tunisie sous domination française : de la conquête à la colonisation archéologique
L’après-guerre : quand l’ordre archéologique colonial est ébranlé L’autonomie interne : vers une progressive et difficile passation du pouvoir archéologique
L’indépendance : nationalisation de l’archéologie
De la crise de Bizerte à l’apaisement des relations franco-tunisiennes : de la rupture à la coopération archéologique
Cinquante ans d’indépendance en Tunisie : pour quelle archéologie nationale ?

Chapitre 2 : « Le monde étrange et compliqué des archéologues ». Les dessous de l’archéologie en Tunisie aux XIXe et XXe siècles

Le conflit entre amateurs et universitaires Les religieux à Carthage, un contre-pouvoir archéologique en Tunisie ?
Rivalités interinstitutionnelles : l’influence prépondérante de l’École française de Rome
Rivalités internationales : l’exemple américain sur le site du tophet de Carthage
Archéologie et société

Chapitre 3 : Profils d’archéologues : le dialogue entre Anciens et Modernes

Un abbé libéral et idéaliste : François Bourgade (1806-1866) et l’Orient…….
Un missionnaire d’Afrique à Carthage : Delattre (1850-1932) et le christianisme
Un latiniste patriote : Jules Toutain (1865-1961) et Rome Un médecin démiurge : Louis Carton (1861-1924) et la renaissance latine
Un juriste humaniste : Charles Saumagne (1890-1972), la terre et les hommes
Un médiéviste-moderniste militant : Slimane Mustapha Zbiss (1913-2003) et le patrimoine arabo-musulman

Chapitre 4 : Un site archéologique : Dougga ou le culte du passé ?

De Dougga à Thugga : naissance d’un site archéologique
De Thugga à Dougga Jadida : l’oubli des ruines
Antiquité et modernité en tension Une anti-prière sur l’Acropole : “youyous” sur les citernes de ‘Aïn el-Hammam

Chapitre 5 : Un anti-site archéologique ? Carthage et le culte du présent

La primatiale Lavigerie et l’Église d’Afrique Le Congrès eucharistique de Carthage et l’enclenchement du processus de décolonisation
La mosquée El-Abidine : pour quel dialogue entre les civilisations et les religions ?
Carthage, un anti-site archéologique

Chapitre 6 : Destins d’Anciens : renaissances carthaginoises aux XIXe et XXe siècles

Genèse d’une renaissance méta-archéologique : Gustave Flaubert créant Carthage…..
Les Carthaginois tuaient-ils leurs enfants ? Polémiques autour de la « rôtisserie des moutards » « Faut-il tuer le père ? » : le procès fait à Flaubert
Les vies d’Hannibal

Conclusion

Annexes
Annexe 1 : Les sites antiques de la Tunisie

Annexe 2 : Projet de convention relative au fonctionnement en Tunisie d’une Mission archéologique française (1948)

Annexe 3 : Allocution de Habib Boularès, ministre des Affaires culturelles et de l’Information (1970) au sujet de l’accord de coopération archéologique tuniso-français du 22 décembre 1967

Annexe 4 : Discours de Charles Saumagne prononcé à l’université de Tunis en 1968 à l’occasion de l’hommage qui lui est rendu
Annexe 5 : Plan du site de Dougga (2005)

Annexe 6 : Décret du 20 septembre 1913 interdisant d’élever des constructions dans une zone autour de Dougga

Annexe 7 : Site archéologique de Dougga : le plan foncier (2002)

Annexe 8 : Plan du site archéologique de Carthage en 1909

Annexe 9 : Plan du site archéologique de Carthage en 2003

Annexe 10 : Notices biographiques

Sources

Bibliographie

Table des illustrations

 

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